mardi 7 octobre 2008

Octobressss la FAIM !

OCTOBRE, maintenant 2008. 31 ans après le coma, la voiture qui envoie l'enfant tomber dans le ciel. Octobre 1977... le 6. Maintenant, 2008. Quatre années sont passées depuis notre rencontre Au Quat' Sous, à préparer un possible stage. Devant ce très grand cahier aux pages blanches, Wajdi Mouawad m’avait demandé avec cette douceur ferme qui lui est propre : Dites-moi, d’où vous est venue l’écriture ?

À lui, pour la première fois de ma vie j’avais eu envie de répondre. Je lui ai dit :
Du mutisme, du long mutisme de l’enfance. Par instinct, pour faire l’équilibre entre ce silence et les mots.

Quelques jours après j’écrivais Du Braille sur la Peau, une pièce en deux tableaux destinée à la scène. C’est donc l’histoire d’une petite fille qui réapprend à marcher par le sol, par la danse, par l’effort vivant de sa joie et de ses émerveillements. Elle marche sur la grève, muette, avec les sternes et les mouettes, le sable rêche dans la gorge, du silence qui s’installe, des mots qui jouent avec l’écume des vagues océanes. Une petite fille qui finira par être un rat, avec des chaussons roses et blancs et un tutu. La bouche souriante, le sol avale son taire. Du Braille sur la Peau parce que la petite fille lit, sur sa peau, qu’il fait vraiment froid sous ce soleil.
En pizzicato… elle pince ses frissons sur sa peau.

La petite fille muette
Quelques menteurs
Quelques docteurs
L’Horizon
La mer
La musique (bien sûr)

J’aimerais la jouer sur scène, avec toute la musique que j’entends pour cette pièce, des bruines d’éclairage, du vent, le cri des mouettes en sourdine.


La vie est longue mais le temps, mon Feu qu’il passe vite !