Chevaliers de l’encrier
Chevaliers de l’encrier
Faire partie d’une journée des Chevaliers de l’encrier, je veux dire, aller les rencontrer, les voir, les toucher peut-être, je le savais, était un honneur. Pourtant, lorsque j’ai reçu l’invitation, je m’attendais à devoir subir une initiation en bonne et due forme. Parler, danser, chanter, me vêtir de nylons ou de cellophane…avaler du café turc jusqu’à explosion du cœur, hisser l’eau d’un puits tari, tondre la pelouse d’une équipe de rugby. Nenni, quel soulagement. Rester soi et c’est tout. C’est ce que disait la dame, cette mademoiselle M. Tant mieux, tout aise, car les carcans et les bizarreries de tout acabit ne m’attirent, ni ne m’attisent.
J’ai donc laissé la missive face au ciel, sur la grande table de bois. À côté du violon, ces mots décachetés, cette lettre offerte qui invitait. Une semaine passa, puis une autre.
Un mercredi d’octobre, l’index glacé par trop de clopes, en caressant de temps à autres la fourchette sternale, ce, avant même que l’aube s’appelle aurore, je commençai donc la rédaction d’une prose à effets de faire. Ni rime ni vers. Du mot en jeu, de la phrase en instance de noce, des monèmes libres, un peu de fougue, beaucoup de doux.
Le soleil finit par maquiller le jour. Ma prose achevée, je pris le violon et m’en allai poster ces deux pages à Mademoiselle M. Le facteur sonnera encore deux foi, deux fois.
Voir la missive d'invitation ICI : Métaphore Courtoise



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